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Saturday, November 20

Greg Goes Postal in Phuket Town (Episode Two)

In this week's installment, our hero picks up a book at the dreaded Phuket Town Post Office... The Book! Le livre. Je l'ai reçu hier. Il fallait payer 7 baht donc il l'ont gardé à la poste et ont laissé à l'école un petit papier rose. Pendant que j'y faisais la queue, un type est sorti de nul part, s'est dirigé vers moi, à pris mon petit papier et m'a envoyé à une autre guichet. J'étais content parce qu'il n'y avait personne à cet autre guichet (c'est le guichet qui vend des colis) mais la fille m'a immédiatement jeté. Vu que j'avais perdu ma place dans la queue du guichet principal, j'ai rattrapé le type qui m'avait si mal indiqué et lui ai rendu son papier. Il n’avait pas l’air content de me revoir mais il a relu son papier et il m'a entraîné dans le fameux couloir secret (voir épisode 1). Là il a relu le papier, l'a montré à la fille derrière le comptoir et me l'a rendu en me disant d'attendre. Donc moi, j'attends. Quand la fille s'est occupée des deux mecs devant moi (qui ont aussi des papiers roses, ce qui me rassure) elle relit le même papier que le type lui a tendu avant que je fasse la queue et cette fois décide que je dois aller au "third floor." Moi qui connaît la poste assez bien maintenant, ça m'étonne parce que pour moi, il n'y a qu'un étage. Je lui demande: "First floor?" "Yes." "Third floor?" "Yes." "Third floor or first floor?" "Yes." Bon, vu que j'ai enseigné les subtilité de la phonologie anglo-saxonne toute la matinée, je me sens pas le courage de pousser cette conversation plus loin et décide d'aller au "second floor", soit le premier étage, histoire de couper la poire en deux et puis surtout parce que c'est le seule autre étage que je connaisse. Au premier étage, c'est autrement plus organisé. Il faut prendre un numéro. Vu qu'il n’y a pas grand monde et quatre guichets, ça devrait être vite réglé. C'est enfin mon tour, le guichet numéro 4 a fini avec le numéro 120, donc moi le 121, je me lève, et le mec part déjeuner. Le guichet numéro 3, ben il a faim aussi, donc quand il a fini avec le 119, il se tire aussi. Finalement, le 2 et le 121 sortent sur un écran plasma (c'est moderne la poste ici). J'agite mon ticket et je crie "bingo". La fille du guichet n°2 inspecte mon ticket : j'ai bel et bien le bon numéro. Elle passe donc au petit papier rose. Perplexité, coup de fil, et finalement "suivez-moi". Comme d'hab quoi. Elle s'éloigne de son guichet et moi je suis là avec un mur de guichets devant moi et une fille qui part au loin sans se retourner. Je cours le long des guichets et au bout je remarque qu'il y a léger décalage dans la façade. Un porte secrète! J'appuie, ça s'ouvre, youpi, encore gagné: je passe derrière le comptoir. On traverse l'étage et au bout, il y a un petit escalier qui permet d'accéder au 2eme étage, qui existe donc bien. Là, elle refile le papier à un vieux bonhomme pendant que les jeunes qui sont dans la pièce font semblant d'être passionnés par la lecture des adresses sur le courrier qui traîne en tas, par terre, sur des étagères, ou dans des sacs. Ce qui est étrange ce qu’ils n’en font rien, ne le touchent pas. On dirait qu'il y a un tabou sur la manipulation du courrier qui est arrivé dans cette pièce. Bref, le vieux regarde mon papier rose en se grattant la tête et la fille en profite pour se tirer. Là j'ai compris le jeu. Il faut faire toucher le papier rose par un autre collègue et hop, le client, il n’est plus à toi, il est au collègue. Le but c'est de ne pas se retrouver dernier. C’est qui est, je le crains, le cas du papi qui est en train de farfouiller parmi des vieilles lettres dans les tiroirs de son bureau. Usé, en fin de carrière, il n’a personne à qui refiler mon papier. J'ai un peu de la peine pour lui. Il le montre bien aux jeunes mais personne ne veut y toucher. Pas con, les gars. J'ai aussi un peu de la peine pour le gens dont les lettres sont dans son bureau car je peux garantir qu'il ne le recevront pas à moins de venir personnellement jouer au jeu du petit papier rose qui pue. Coincé, le vieux descend les deux étages et (j'imagine, j’ai pas eu le courage de le suivre) essaie de refiler le papier aux gens d'en bas, qui doivent lui rire au nez, lui expliquer que c’est eux qui ont lancé le truc et que donc il doit trouvé quelqu’un d’autre. Le vieux est donc obligé de se retaper deux étages et retourne à son bureau. Je dois admettre que je suis devenu assez bon moi aussi au jeu du papier qui pue et que plutôt que d'accélérer le processus, ce qui est impossible, je prends plaisir à jouer avec mes amis de la poste. Mais le vieux est fatigué, il ne joue pas très bien, et là ça fait trois fois qu'il se retape le tiroir du haut donc c'est même pas drôle. Allez, bonne pâte, je lui donne un indice. "Yai." Pour vous c'est rien, mais en thaï ça veut dire "grand". Le vieux sait donc qu'il ne doit plus chercher dans le tiroir du haut mais dans l'armoire de gauche. Et là, un salaud de jeune entend l'indice, pique le papier rose des doigts raidis du papi, bondit dans l'armoire, saisit le paquet, et me le tend. La mâchoire du vieux tombe. Il sait fait niquer. Le jeune lâche un "gagné", enfin je crois, c'était du Thai. Je file mes 7 baht, au vieux quand même, et je remercie tout le monde, genre "on s'est bien marrer les gars, c'était chouette mais je dois y aller" avant de retourner dans le vrai monde des gens qui ne sont pas employés à la poste et qui donc se font chier. Alors pourquoi ces 7 baht, au fait. J’ai posé la question aux profs thaïs de mon bureau qui ont répondus. « Mais 7 bahts, c’est pas cher enfin. » En effet. Copyright : Greg Glachant 2004

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